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CALAIS (AFP) - Le candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle Dominique Strauss-Kahn a dénoncé vendredi à Calais (Pas-de-Calais) la situation des réfugiés dans la ville, fustigeant l'"hypocrisie de fermer Sangatte et de dire qu'il n'y a plus de problème". Visitant un campement de fortune qui abrite plusieurs dizaines de réfugiés en situation illégale, le député du Val-d'Oise, interrogé sur la politique d'immigration de Nicolas Sarkozy dans ce domaine, a également dénoncé "l'hypocrisie de se présenter comme un grand humaniste et de laisser les réfugiés dans cette situation".
Fin 2002, le centre de la Croix-Rouge à Sangatte (Pas-de-Calais) avait fermé ses portes, à un moment où il accueillait environ 1.800 personnes. Depuis, plusieurs centaines de migrants errent en permanence dans le secteur de Calais, dans l'espoir de gagner la Grande-Bretagne.
"Il n'y a pas de France grande si elle n'est pas juste", a-t-il ajouté, après avoir dialogué en anglais pendant une vingtaine de minutes avec plusieurs réfugiés.
Les réfugiés "ne demandent pas grand-chose, ils veulent simplement qu'on les laisse continuer leur chemin", a-t-il déclaré, dénonçant le "harcèlement" policier dont seraient victimes les réfugiés.
"Je ne remets pas en cause les force de l'ordre", a-t-il précisé ensuite à l'issue d'une réunion avec des associations venant en aide aux réfugiés à Calais. "Ce sont les ordres politiques qu'elles reçoivent (qui mènent à cette situation, ndlr) et ces ordres ne sont pas humains."
"Je vois bien comment le gouvernement utilise la question de l'immigration pour masquer son échec", a déclaré M. Strauss-Kahn. "On n'a jamais vu à trois ans d'écart deux lois sur l'immigration, ça montre bien qu'on veut agiter les peurs", a-t-il poursuivi.
"L'urgence est économique, sociale. Elle touche plus les questions d'emploi et de pouvoir d'achat que les questions d'immigration", a-t-il estimé.
"C'est une vieille folie de la droite de notre pays de croire à l'immigration zéro, qui est impossible, et qu'on a maintenant transformée en immigration choisie, qui est à un autre niveau, mais qu'on ne peut pas plus tenir", a-t-il ajouté, se prononçant pour une politique européenne dans ce domaine. |