France : Sarkozy met en scène son bilan à l'Intérieur
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France

Le ministre dresse aujourd'hui le bilan de sa politique contre la délinquance alors qu'un sondage BVA-Le Figaro-LCI révèle que plus de la moitié des Français soutient son action.


POUR Nicolas Sarkozy, le moment est venu de reprendre l'initiative. Dans une position de retrait ces derniers temps, le numéro deux du gouvernement a calé, il y a quinze jours, une conférence de presse bilan sur la sécurité pour réagir à la «campagne de dénigrement», selon son entourage, «orchestrée par la gauche» sur les résultats de sa politique de lutte contre la délinquance. Ce n'est pas un hasard si Laurent Fabius fustigeait il y a deux jours les propositions «sécuritaires» de Ségolène Royal, affirmant que «la politique mono-répressive de M. Sarkozy a échoué». Derrière Ségo, cherchez Sarko : ce message simple qu'entend diffuser la gauche du Parti socialiste peut servir les intérêts de Nicolas Sarkozy. Les positions de Ségolène Royal peuvent «atomiser» un Parti socialiste «miné par les rivalités présidentielles», juge un ami du ministre de l'Intérieur. Mais Nicolas Sarkozy redoute que ces critiques n'entament, dans la foulée, son bilan Place Beauvau.

Malgré les chiffres difficiles sur la délinquance annoncés ces derniers mois, les Français ne semblent pas, pour le moment, douter de l'action de leur ministre de l'Intérieur (lire ci-dessus). Selon l'institut BVA, il faut noter, au crédit de l'hôte de la Place Beauvau, que «parmi les 45% de Français qui jugent que l'insécurité a tendance à augmenter, ils sont 56% à penser que Nicolas Sarkozy a fait les bons choix».

Autre enseignement de ce sondage : la droite, avec 43% des voix, est jugée toujours plus crédible que la gauche – avec 31% des sondés – pour lutter contre l'insécurité.

Partir ou ne pas partir ?

Fort de ce quitus dont le crédite l'opinion, Nicolas Sarkozy a-t-il l'intention de quitter le gouvernement pour ne pas risquer d'être rattrapé par les mauvais résultats de Dominique de Villepin et Jacques Chirac dans les sondages ? C'est l'interrogation qui taraude de nombreux sarkozystes depuis un mois. Mais Nicolas Sarkozy n'a cessé de dire, ces dernières semaines, à ceux qui le pressaient de «partir», qu'on «ne pouvait pas ajouter la crise à la crise» en démissionnant du gouvernement avant l'été. Le député Yves Jego défendait hier la même thèse dans les couloirs du Palais Bourbon : «Je souhaite que Nicolas Sarkozy reste le plus longtemps possible à son poste, qu'il puisse mettre tout son poids politique pour que le projet de la prévention de la délinquance soit voté par le Parlement et qu'il puisse ensuite prendre son temps pour faire campagne».

Reste le joker de l'enquête sur l'affaire Clearstream. Pour le moment encalminée, elle pourrait, avant la fin du mois de juin, donner au ministre de l'Intérieur le prétexte d'un départ. L'informaticien Imad Lahoud a été mis en garde à vue hier. Un conseiller de Nicolas Sarkozy attend avec impatience sa confrontation avec Jean-Louis Gergorin. Il parie qu'avant la fin du mois de juin, «la vérité aura avancé».

 


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