HAMELN (AFP) - Les joueurs de l'équipe de France de football s'attendent à retrouver mardi, pour un premier match du Mondial-2006 qu'ils savent capital, la même Suisse décomplexée que celle qui leur avait donné du fil à retordre pendant les qualifications. Jusqu'ici, la Suisse ne faisait pas bien peur à son voisin français. Mais les qualifications difficiles, où Français et Suisses n'ont jamais pu se départager (0-0 à Paris, 1-1 à Berne) ont contribué à modifier le regard des Bleus sur l'équipe helvétique. D'autant que la Suisse s'est ensuite extirpée sans trembler du piège turc pendant les barrages.
AFP/Pascal Pavani agrandir la photo "La Suisse est devenue une équipe un peu plus respectée, reconnaît Claude Makelele. Ils ont beaucoup appris au niveau de l'expérience. C'est une équipe qui monte en puissance, une équipe très jeune, qui n'a rien à perdre, c'est ça qui va être le danger pour nous". "C'est une équipe qui n'avait pas forcément confiance en elle et qui a pris conscience de ses qualités", confirme Sidney Govou, qui retrouvera dans le camp d'en face son partenaire de Lyon Patrick Müller. C'est donc une "Nati" ambitieuse qui entrera mardi sur la pelouse du Gottlieb-Daimler Stadion, emmenée par un Alexander Frei qui clamait il y a un mois: "J'aimerais que l'on arrive à réveiller le monde, on rigole toujours un peu sur le foot suisse, à nous de stopper ça."
Reste que les trentenaires français, opposant leur expérience à la jeunesse suisse, s'estiment, à l'instar de Makelele, toujours "favoris". AFP/Pascal Pavani agrandir la photo C'est l'avis de Vikash Dhorasoo: "On sait qu'on n'a pas su se départager dans les matches de poules, ça s'est joué à pas grand chose. Mais on aurait pu gagner les deux matches et c'est nous qui sommes sortis premiers du groupe." "Il y a eu pas mal de confrontations, rappelle Eric Abidal, mais c'est la Coupe du monde, ce n'est pas pareil. L'engagement ne sera pas le même. La Suisse est une équipe qui joue très bien au ballon mais on connaît nos qualités."
Les deux équipes, également déjà opposées lors de l'Euro-2004 (victoire française 3-1), n'ont plus de secrets l'une pour l'autre. "Ils nous connaissent très bien, il y a pas mal de joueurs qui jouent en France, ils savent comment on défend, comment on attaque, notre système de jeu....", détaille Makelele, alors que Dhorasoo constate: "C'est forcément l'adversaire qu'on connaît le mieux."
Une connaissance réciproque qui n'est pas pour ravir le sélectionneur Raymond Domenech qui n'avait pu masquer une grimace de dépit à Leipzig quand le tirage au sort avait désigné les Suisses comme adversaires. D'autant que ce coquin de sort a voulu que France-Suisse soit le premier match. Un match "décisif" pour Domenech.
"Ca va conditionner le reste", admet Makelele, pendant que Gallas, qui sera chargé de maîtriser la fougue de Frei, en fait une affaire de confiance pour la suite: "Il faut les battre pour se sentir mieux dans notre tête."
Voilà pourquoi les Bleus sont pressés de renvoyer rapidement les Suisses à leurs anciens complexes, histoire, peut-être, de chasser leurs propres peurs. "L'impatience du premier match, je la ressens depuis que je suis arrivé, confessait dimanche Sidney Govou, arrivé jeudi parmi les 23. La préparation c'est bien, mais il n'y a rien de mieux que de jouer des matches à enjeu." Pour les Bleus, c'est mardi.
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