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PARIS (AFP) - La CFDT lance lundi à Grenoble son 46e congrès, qui va débattre en profondeur de la crise des retraites de 2003, avant de se pencher sur les réformes polémiques des années à venir et de réélire François Chérèque pour un deuxième mandat de secrétaire général. Les 1.868 délégués issus des syndicats, fédérations et unions régionales mettront en débat, lundi et mardi, le rapport d'activité du secrétaire général, François Chérèque, avant de débattre des orientations futures du syndicat, et de renouveler sa direction jeudi.
Le secrétaire général qui avait remplacé Nicole Notat à la tête de la CFDT en 2002, seul candidat à sa succession après un éprouvant premier mandat, devrait être réélu en fin de congrès. Grâce au CPE, son mandat s'achève sur une note victorieuse: la CFDT a été en première ligne dans le front unitaire opposé par les syndicats salariés, étudiants et lycéens à ce contrat de travail réservé aux jeunes, résiliable sans motivation pendant deux ans, retiré par le gouvernement début avril. Ses homologues des autres centrales syndicales - ainsi que Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante - rendront visite aux congressistes, à l'exception du leader de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly. FO ne se rend jamais aux congrès des autres organisations. A Grenoble, François Chérèque a aussi promis de "revenir, sans rien esquiver, sur les épisodes les plus difficiles" des dernières années: retraites, "recalculés" de l'assurance-chômage, intermittents du spectacle... Le soutien apporté par la CFDT en 2003 à la réforme des retraites, en rompant le front syndical, a provoqué une crise interne, une hémorragie de militants - 10% de moins en trois ans, 807.000 fin 2005 - et un recul aux élections professionnelles. Sans renier son engagement dans ces réformes, la direction de la CFDT a reconnu des erreurs de communication et un déficit de démocratie interne. Le niveau d'approbation du rapport d'activité, voté mercredi à 15H00 par les congressistes, sera révélateur de la confiance accordée au secrétaire général. L'enjeu, à Grenoble, sera aussi de lancer le débat sur des thèmes de réforme délicats pour les années à venir: nouvelle réforme des retraites prévue en 2008, évolution du contrat de travail, avenir des services publics, exercice du droit de grève... François Chérèque, pour qui "il n'est pas question de trancher" ces questions au congrès, souhaite entamer "un travail de fond avec ses militants" pour définir les prochains objectifs de la CFDT dans son texte de résolution, qui sera amendé, puis voté vendredi à 11H00. "L'ère nouvelle" que le secrétaire général veut ouvrir à Grenoble sera incarnée par une direction partiellement renouvelée, légèrement rajeunie et féminisée, et ouverte à certaines fédérations ou régions historiquement oppositionnelles - Auvergne, transports-équipement (FGTE) et banques.
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