Actualités de l'Emploi : Expérience professionnelle : la vraie valeur ajoutée
Envoyer cet article à un ami Format imprimable Créer un fichier PDF à partir de cet article

«Toutes les écoles, pour exister, ressentent le besoin d'ouvrir un programme MBA», lance David Butler, directeur des programmes post-graduate au Groupe ESC Rouen. Proposer un MBA serait-il aujourd'hui une sorte d'obligation ? Si l'on se réfère au nombre d'écoles de commerce françaises engagées dans le processus, la réponse est clairement oui. Pour faire face à la concurrence, les établissements ne peuvent faire l'impasse. Mais, dès lors qu'il y a obligation, on s'aventure sur des voies où la qualité n'est pas systématiquement au rendez-vous...



Le Master of Business Administration est né au début du siècle aux Etats-Unis. Dans sa forme originelle, le MBA s'adresse à des personnes – généralement des profils scientifiques – occupant des postes à responsabilité et souhaitant intégrer les niveaux hiérarchiques managériaux les plus élevés de l'entreprise. Ce type de formation, reconnaissable sous l'appellation «Executive MBA» demeure la forme de MBA identifiée par les recruteurs comme la plus valable. Mais il existe aujourd'hui des «MBA généralistes» et des «MBA spécialisés». Parmi ces derniers, certains ont prouvé leur pertinence, comme le MBA Luxe ou l'IMHI MBA (Institut de management hôtelier international), proposés à l'Essec depuis de nombreuses années. Par ailleurs, les MBA peuvent être déclinés en formule Part-Time (sur deux ans) ou Full-Time (un an)...

Le label MBA n'étant pas protégé, rien n'empêche les écoles de proposer leur propre version de ce type de formations. Il existe cependant des critères permettant aux candidats de déterminer la validité d'un programme. Les différentes accréditations, l'AACSB, accréditation américaine, Equis, accréditation européenne, et l'AMBA, accréditation anglaise spécifique aux MBA, permettent de réaliser un premier tri. Par ailleurs, des journaux tels que le Financial Times ou Business Week publient annuellement des classements des meilleurs MBA mondiaux. Enfin, la qualité d'un programme tient aussi à la reconnaissance d'un établissement en tant que marque, reconnaissance justifiée par une série d'éléments en aval que sont la qualité du corps professoral, la proportion de professeurs permanents, la fréquence de publication de ces professeurs, la force du réseau des anciens et l'ouverture internationale.

Ces éléments sont valables pour juger de la qualité de tout diplôme délivré par une grande école. Mais le critère fondamental pour ces formations spécifiques que sont les MBA tient à l'expérience professionnelle requise. Certaines écoles proposent en effet des MBA à des personnes tout juste sorties de formation initiale, s'appuyant sur l'argument suivant lequel les participants acquièrent cette nécessaire expérience au cours de leur scolarité.

David Butler résume ainsi la situation : «Je ne vois pas l'intérêt de proposer des MBA directement après l'obtention d'un diplôme puisque nous avons déjà les mastères spécialisés.» En novembre 2003, le groupe ESC Rouen a ouvert un MBA Full-Time, un programme intensif s'étendant de novembre à mi-juillet. Les participants ont ensuite la possibilité de choisir entre trois types d'options : partir en échange en Amérique du Nord un semestre, créer sa propre entreprise ou encore réintégrer le monde du travail. «Nous avons proposé pendant dix ans un Executive MBA, en partenariat avec l'université américaine de Purdue. Nous avons fait le choix de fermer ce programme il y a maintenant quatre ans pour plusieurs raisons. Le prix tout d'abord, correspondait aux prix du marché américain, donc élevé... Par ailleurs, les décisions étaient avant tout américaines. Enfin, ce MBA était peu visible sur le marché français.»

Les promotions du MBA nouvellement ouvert à l'ESC Rouen comptent majoritairement des ingénieurs (35 à 40%), mais également des pharmaciens, médecins, juristes, économistes, gestionnaires. «Nous exigeons une expérience professionnelle minimale de trois ans. Dans les faits, les participants possèdent en moyenne sept années de vie active derrière eux. Cette expérience est pour nous un critère déterminant. Nous accueillons des candidats occupant des postes de Middle Management et cherchant à rebondir ou encore des profils possédant une expérience d'encadrement et souhaitant changer de secteur ou souhaitant évoluer vers des postes à responsabilités plus élevées dans leur secteur d'origine. L'âge moyen des participants est de 31 ans. Pour toutes ces raisons, nous nous situons un peu comme un executive MBA.»

Et de poursuivre : «Pour nous, la vraie valeur ajoutée d'un MBA tient au fait que les participants ont déjà une expérience en entreprise à un certain niveau. Il est plus facile pour les écoles d'ouvrir des programmes n'exigeant pas une grande expérience professionnelle, d'abord parce que les jeunes diplômés se bousculent au portillon persuadés que le label MBA leur ouvrira davantage de portes, mais également parce que ces jeunes sont moins exigeants quant à la qualité du programme que des cadres en activité venant rechercher une formation basée sur des cas réels et un enseignement réellement interactif. Enfin, le coût de ces programmes est moindre.»


Caroline Beyer , 19 janvier 2005 lefigaro.fr

 


Autres articles
17/11/2008 9:50:05 - Les Régions où il fait bon travailler
14/11/2008 1:10:00 - La retraite à 70 ans examinée au Sénat
11/11/2008 9:30:00 - Le Canada a d’énormes besoins de recrutement !
11/11/2008 8:30:00 - Le travail dominical pourrait être autorisé à Paris, Lyon, Marseille et Lille
11/11/2008 7:30:00 - Un forum pour donner votre avis sur l’orientation
11/11/2008 7:20:00 - Drôles de pratiques dans le recouvrement de fonds
11/11/2008 7:03:28 - Bush accueille Obama à la Maison-Blanche
4/11/2008 7:55:20 - Inquiétude sur l’épargne salariale
20/10/2008 9:40:00 - Trouver un emploi au canada
17/10/2008 8:02:51 - ANPE + Assedic = Pôle emploi

Menu Actualités

Les Archives

Articles Aléatoires