Monde : Trente euros pour cueillir des fraises en Espagne
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E
n acceptant toutes les conditions posées par les Européens en matière d’immigration,le gouvernement participe à une nouvelle forme d’esclavagisme.


L’Agence de promotion de l’emploi (ANAPEC) a annoncé la nouvelle comme une avancée fondamentale dans la lutte contre le chômage. Il s’agit de 12 000 ouvrières marocaines qui doivent être recrutées dans des exploitations agricoles espagnoles en 2008. Fatema fait partie des milliers de postulantes à ce nouveau type de migration. Flanquée de son mari, elle attend son tour devant le bureau de l’ANAPEC à Casablanca afin d’obtenir le droit de travailler dans les champs ibériques. “Ils ne veulent que des femmes, parce qu’ils sont sûrs qu’elles reviendront au Maroc”, explique-t-elle. Ces futures ouvrières vont quitter hommes et enfants afin de pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles. Contrairement aux hommes, qui sont toujours heureux de décrocher un visa pour travailler ailleurs, ces femmes affichent une mine d’enterrement.

Immigration
Les “mmimates” (mères de famille, dans le jargon populaire) ont le cœur lourd. Elles vont quand même partir en Espagne. Pour la bonne cause. Ce qui est franchement vexant, dans cette affaire, c’est la posture triomphante de ces messieurs de l’ANAPEC qui décrivent cette campagne de recrutement comme un bel exemple d’une migration intelligente. Ils lui ont même trouvé un qualificatif : la migration circulaire. Une parade, disent-ils, pour mettre in à l’émigration clandestine. Le hic, on le doit à un communiqué de l’Association des familles de victimes de l’émigration clan destine : ce concept est celui-là même “vendu” par le gouvernement français durant les années 1950 et 1960 pour justifier les grandes campagnes de recrutement visant la main-d’œuvre maghrébine. L’ANAPEC semble oublier cette partie de notre histoire en utilisant le mot avancé par les esclavagistes d’hier, qui installaient leurs quartiers dans les régions de l’Atlas, de Ouarzazate ou du Souss. Ces femmes doivent être en bonne santé, ni grosses ni maigres, avec une dentition parfaite. Elles doivent non seulement être mariées mais également avoir des enfants âgés de moins de 14 ans. L’ANAPEC devient ainsi une simple agence d’intérim pour recruter de pauvres femmes afin de récolter les fraises à 30 euros la journée.

 


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