F ONCTION PUBLIQUE. Un agent de l'Etat sur deux partant à la retraite ne sera pas remplacé en 2009. L'objectif est de réduire le déficit budgétaire grâce à une économie de 900 millions d'euros. Les enseignants, premiers visés, promettent de se mobiliser..
L'AN PROCHAIN, le gouvernement supprimera au moins 30 000 postes de fonctionnaires. C'est ce qu'a annoncé François Fillon. Une réduction d'effectifs qui, comme les années précédentes (dans les faits, 9 500 en 2006, 25 000 lan dernier), s'obtiendra grâce à des non-remplacements d'agents partant en retraite. Comme cette année, cest l'Education nationale qui paiera le plus lourd tribut puisque, après les 11 200 emplois supprimés en 2008 (sur 22 900 au total), environ 13 500 postes ne seront pas remplacés en 2009. Une nouvelle « saignée » que n'ont pas manqué de dénoncer les principaux syndicats d'enseignants. Modernisation de l’administration Conformément à la ligne de conduite tracée par Nicolas Sarkozy, le gouvernement garde donc le cap du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite. L'objectif reste le même : faire faire des économies à un Etat lourdement endetté (à ce jour 1 250 milliards d'euros) et dont le déficit public (la différence entre ses dépenses et ses ressources) approche les 50 milliards. Les suppressions de postes annoncées permettront ainsi d'épargner « 900 millions d'euros en année pleine », selon Bercy. Au total, grâce à la modernisation des administrations qu'il a entreprise (350 mesures ont déjà été présentées), le gouvernement espère économiser un peu plus de 6 milliards d'euros net dans les quatre prochaines années. Reste à savoir si cela sera suffisant pour respecter l'engagement pris par le chef de l'Etat de ramener, d'ici à 2012, le budget de la France à l'équilibre. Oui, assure le Premier ministre qui s'en tient à son plan de marche. Du côté du Sénat, on est en revanche beaucoup plus circonspect en raison, notamment, de la conjoncture économique. A moins d'augmenter les impôts, ce qui est exclu, la commission des Finances chiffre ainsi à 65 milliards d'euros les économies nécessaires pour espérer remettre à flot les finances de la France d'ici à 2012. C'est que les réductions d'impôts (heures supplémentaires, crédit d'impôt immobilier, bouclier fiscal…) votées l'an dernier plombent d'autant les recettes de l'Etat. Sans parler de l'accumulation de niches fiscales, ces dispositifs consistant à baisser les impôts de certaines catégories de particuliers ou d'entreprises. Parmi celles-ci, les allégements de cotisations sociales sur les bas salaires. Un dispositif dont l'efficacité n'est pas avérée, juge Philippe Marini, le rapporteur général du Budget. Ce dernier souhaiterait donc baisser le plafond des exonérations accordées aux entreprises (26 milliards deuros cette année). Quant à la TVA à 5,5% promise par Nicolas Sarkozy aux restaurateurs et à laquelle Bruxelles a donné son feu vert cette semaine, ce n'est même pas la peine d'y penser, avertit Jean Arthuis, le président de la commission des Finances. Selon lui, la France n'a en effet pas les moyens de se payer un tel luxe. Source : Olivier Baccuz |