R éductions d'effectifs, drame de Carcassonne, présence du président syrien... Les relations entre Sarkozy et l'armée sont tendues en ce jour de défilé à Paris. Proche de la famille de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Harari, Jacques Chirac boudera le défilé, comme il l'avait fait l'an dernier.
Un défilé sans précédent du point de vue du nombre de chefs d'Etat et de gouvernement présents dans la tribune officielle. Lundi matin, le défilé militaire du 14 juillet sur les Champs-Elysées à Paris s'annonce exceptionnel. Dans la tribune officielle notamment, tous les participants au sommet de l'Union pour la Méditerranée réuni la veille, ainsi que le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Invité controversé, le président syrien Bachar al-Assad assistera également au défilé, mais sa présence sous le dais géant bleu-blanc-rouge de la tribune officielle est loin de faire l'unanimité, à gauche mais aussi dans la majorité anti-syrienne au Liban ainsi que parmi les anciens Casques bleus. Ceux-ci dénoncent "une atteinte à la mémoire" des 58 soldats français tués le 23 octobre 1983 dans l'attentat du Drakkar à Beyrouth, au Liban. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a lui-même confié que la présence de Bachar al-Assad ne le "remplit pas d'aise" mais qu'il est "important de parler avec des gens qui s'opposent". Jacques Chirac, proche de la famille de l'ex-Premier ministre libanais assassiné Rafic Harari, boudera quant à lui le défilé, comme il l'avait fait l'an dernier, malgré la présence d'Ingrid Betancourt, qui devrait figurer aux côtés de Nicolas et de Carla Sarkozy, douze jours après avoir été exfiltrée de la jungle colombienne. Les Casques bleus en tête Après le défilé aérien, le défilé des "troupes à pied" sera ouvert par les Casques bleus. Un premier contingent de soldats de la paix, porteurs du béret "bleu Onu", sera constitué d'éléments déployés à Chypre, dans le Golan ou au Liban. Il sera suivi d'un second contingent formé de soldats français de la Finul. Leur présence prendra une valeur particulière, tout juste un quart de siècle après l'attentat du Drakkar dans lequel nombre d'observateurs avaient vu la main des services secrets syriens. Un traumatisme encore bien présent en France, comme en témoignera sur les Champs Elysées la 46ème promotion de l'École militaire interarmes, baptisée du nom de l'un des soldats tombés dans cet attentat, le lieutenant Antoine de la Bâtie. Au-delà de la présence du président syrien, c'est aussi la politique militaire de Nicolas Sarkozy qui ne séduit pas, loin s'en faut, l'armée. En témoigne le groupe d'officiers anonymes surnommé "Surcouf" qui s'était plaint en juin du Livre Blanc de la Défense (lire notre article), qui prévoit notamment une réduction sensible des effectifs militaires. Les rangs bruissent de rumeurs sur l'enquête demandée par le président de la République qui vise à démasquer le groupe "Surcouf". Et les militaires attendent fiévreusement les dizaines de suppressions de régiments et de bases décidées en haut lieu, alors qu'ils se remettent tout juste du drame de Carcassonne. Au chapitre militaire, sept parachutistes seront, si la météo le permet, largués d'un hélicoptère avec un saut qui doit s'achever au pied de la tribune présidentielle, place de la Concorde. 8000 policiers mobilisés Huit mille policiers et gendarmes seront mobilisés lundi à Paris pour le défilé du 14 juillet. "Dans le cadre du plan vigipirate, les forces de police ont reçu des consignes d'extrême vigilance afin d'assurer le bon déroulement du défilé militaire puis de l'ensemble des traditionnelles festivités de la journée du 14 juillet", a indiqué la Préfecture de police dans un communiqué. En 2007, quelque 5000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés pour le défilé. |