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U SINE CONTINENTAL, CLAIROIX (OISE), VENDREDI. Le retour aux 40 heures s’est accompagné de contreparties financières et d’embauches.
C'EST L’HEURE de la relève à l’usine Continental de Clairoix (Oise). Un rituel immuable que rien, pas même le retour à la semaine de 40 heures, n’a réussi à bouleverser. Neuf mois après l’enterrement des 35 heures, la question ne fait plus vraiment de vagues. «Cela ne change pas grand-chose », constate Jean-Baptiste, qui officie à la confection des pneus depuis vingt-huit ans. Certes, certains ouvriers grimacent de n’avoir pu garder que six jours de RTT au lieu d’une quinzaine. « Avant, je passais mes vendredis libres avec mes fils de 6 ans et 1 an. Maintenant, je dois payer une nounou, et l’essence pour parcourir les 60 km aller-retour entre chez moi et l’usine. Même avec mes 92 € en plus par mois, le compte n’y est pas », soupire Ethan. « Soit on obtenait un accord, soit le groupe gelait ses investissements » Dans le bruit assourdissant de l’atelier de vérification de la qualité des pneus, Sébastien ne partage pas cet avis. « J’ai 35 ans, 3 enfants et je suis très content de gagner 100 € de plus chaque mois », explique ce coordinateur. « Je touche environ 2 000 € net mensuels, c’est mieux que chez la plupart des employeurs de la région. Et grâce à cette nouvelle organisation, on a sauvé l’usine », se réjouit ce jeune homme au visage poupon. Le site de l’usine Continental de Clairoix n’a en effet pas eu le choix : « En 2006, la direction allemande du groupe nous a demandé de revenir aux 40 heures, comme toutes ses usines dans le monde », se souvient Louis Forzy, le directeur. Et les turbulences engendrées par la campagne présidentielle « On est devenu un dossier très politique », s’amuse le directeur n’y ont rien changé. « Soit on obtenait un accord, soit le groupe gelait ses investissements en France. » Un accord est finalement signé en septembre 2007 par le syndicat majoritaire CFTC et la CFE-CGC. « Si c’était à refaire, je le referais », assure Antonio Da Costa, le délégué CFTC. « On a obtenu des contreparties financières et des embauches… Sans oublier 20 millions d’euros d’investissement, alors que, depuis dix ans, le groupe ne mettait plus un sou dans l’usine. » Les autres syndicats sont plutôt amers. La CGT refuse carrément de répondre aux journalistes. Quant à FO, elle campe sur ses positions : « On est opposés par principe à une remise en cause des 35 heures », souligne Arnaud Lacaille, de FO. Reste qu’au fil des mois, les tensions se sont aplanies. « Il n’y a pas eu de révolution », affirme le DRH, Philippe Bleurvacq. Même les résultats de l’usine n’ont pas été bouleversés, puisque le retour aux 40 heures ne s’est pas soldé par des gains de productivité… Valérie Hacot |