C AUCASE. Nicolas Sarkozy, en visite à Moscou et à Tbilissi hier, a obtenu de Medvedev un calendrier précis pour le retrait définitif des forces russes de Géorgie.
Date butoir : le 10 octobre. Les Européens espèrent qu’il ne s’agit pas d’un engagement sans lendemain. Tbilissi (Géorgie) ENVOYÉE SPÉCIALE Leparisien DANS L’AVION qui l’emmène de Russie en Géorgie, Nicolas Sarkozy ne cache pas sa joie. Traits tirés après un réveil matinal mais Dravi, il a troqué son costume pour un jean et un polode sport. « On est content. Honnêtement, ce n’était pas gagné d’avance ! Je mets au défi qui que ce soit d’obtenir mieux », confie-t-il, euphorique, après quatre heures de tractations avec son homologue russe Dmitri Medvedev. D’habitude si réservé, le « sherpa » du président, Jean-David Levitte, relâche la pression dans les travées de l’A-319 présidentiel : « On est vraiment les meilleurs ! » « On était debout avec les vestons. Je vous jure qu’on serait partis ! » Venu, hier, à Moscou à la tête d’une mission de paix européenne pour convaincre des Russes récalcitrants de retirer leurs troupes de Géorgie, Sarkozy a obtenu ce qu’il voulait : un calendrier précis. Et qu’on ne vienne pas lui dire qu’il ne s’agit que d’une énième promesse peut-être sans lendemain ! Sur le papier, l’accord paraphé par le maître du Kremlin prévoit que les soldats russes auront quitté la Géorgie au plus tard le 10 octobre, et que les check points entre les villes géorgiennes de Poti et Senaki seront démantelés dans une semaine « au maximum ». D’ici au 1er octobre, près de 500 observateurs internationaux seront déployés sur le terrain dont près de 200 Européens. Pourtant, tout a failli déraper hier dans le huis clos des négociations. « Il y a eu des moments très tendus », confie en privé le chef de l’Etat. Le château de Mayendorff, résidence d’été du président russe dans la banlieue chic de Moscou, a manqué de peu d’être le théâtre d’un clash. Quand les Russes lui ont dit qu’ils refusaient de ramener leurs troupes à leurs positions d’avant-conflit, Sarkozy s’est levé. « Restons amis, je m’en vais ! a-t-il lancé. Nous ne pouvons pas accepter l’envahissement d’un pays. » « On était debout avec lesvestons. Je vous jure qu’on serait partis ! », affirme-t-il. Il raconte avoir été rattrapé in extremis par Medvedev. « La Russie ne veut pas se fâcher avec l’Union européenne. S’ils ne nousvendent pas le pétrole et le gaz, à qui le vendent-ils ? », décrypte le président. Seule ombre au tableau : Medvedev a certes accepté de participer à un sommet international à Genève le 15 octobre sur l’avenir de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. Mais il a clairement fait savoir qu’il ne reviendrait pas sur sa décision de reconnaître l’indépendance de ces deux territoires séparatistes. S’il vient à Genève, « c’est bien qu’il reconnaît qu’il y a quelque chose à discuter », veut tout de même croire Sarkozy. La réunion à peine achevée, le président a poursuivi son marathon de la paix, escorté par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le diplomate en chef de l’UE, Javier Solana. Direction : la Géorgie, pour rendre compte au président Mikhaïl Saakachvili. « On vient, on se fait applaudir et on part ! », conclut Levitte, un grand sourire aux lèvres… Nathalie Schuck
La Russie et le Venezuela feront des manoeuvres navales communes en novembre au large de ce pays d’Amérique latine, narguant ainsi les Etats-Unis dans leur zone d’influence historique. |