France : Aux patrons et à l’Europe
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aux patrons et à l’Europe
T

oujours un peu méfiants vis-à-vis des institutions.



La France ne peut guère peser

SCEPTIQUES et pas franchement rassurés. Alors que la crise financière qui frappe Wall Street et les principales places boursières a connu un nouvel épisode, jeudi soir, avec la faillite de la banque de dépôts Washington Mutual, les Français s’interrogent sur la capacité réelle du gouvernement à enrayer la crise. Seuls 42 % d’entre eux estiment que l’équipe Sarkozy-Fillon peut trouver de bonnes réponses face à cette tempêtemondiale (55% sont d’un avis contraire). Les promesses du chef de l’Etat, jeudi, dans son discours de Toulon (Var) et la fermeté dont il fait preuve — « je n’accepterai pas qu’un seul déposant perde un seul euro » — ont eu, semble t-il, un impact limité.

Sondage exclusif de l’institut CSA pour « le Parisien » et « Aujourd’hui en France » réalisé le 26 septembre 2008 auprès d’un échantillon national représentatif de 802 personnes âgées de 18 ans et plus. Méthode des quotas


L’Union européenne, un espace rassurant.


Curieusement, les sympathisants de gauche se disent davantage confiants (46 %) que ceux de droite (40 %). Il faut dire que le président de la République a frappé les esprits en réclamant un retour de l’Etat, un encadrement des rémunérations des patrons ou encore la fin des parachutes dorés. Des propos que n’auraient pas désavoués Olivier Besancenot ou Marie-George Buffet.


Mais dans leur ensemble, les Français comptent avant tout sur eux. Interrogés sur le fait de savoir à qui ils font en priorité confiance pour réduire l’impact de la crise, ils s’autodésignent en premier (55 %). Signe d’une certaine méfiance vis-à-vis des institutions au sens général. Viennent ensuite les entreprises (53 %) et l’Union européenne (52 %). Souvent taxée de tous les défauts, l’UE apparaît cette fois comme une zone de relative stabilité, un espace plutôt rassurant alors que le désordre actuel est directement imputable à l’économie américaine. Voilà qui ravira les europhiles, pas habitués à voir l’UE si bien classée dans les enquêtes d’opinion. Les politiques, eux, ne sont pas à la fête. Le gouvernement de François Fillon et le président de
la République ne viennent qu’en quatrième et cinquième positions (47 %) à égalité avec… les banques.


Mais l’exécutif se rassurera en apprenant que les Français, toutes tendances confondues, font encore moins confiance à l’opposition pour apporter des réponses à la crise : 26 % seulement !


Frédéric Gerschel

 


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