|
À l'issue d'une réunion à l'Élysée,des mesures destinées à sécuriser l'accession à la propriété ont été annoncées. Un dispositif de plus de 5 milliards d'euros.
C'est un véritable plan de relance de l'immobilier qui a été annoncé hier à l'Élysée, à l'issue d'une réunion sur le logement à laquelle participaient Nicolas Sarkozy, François Fillon, Christine Lagarde (ministre de l'Économie), Éric Woerth (Budget) ainsi que Christine Boutin (Logement). Le dispositif coûtera plus de 5 milliards d'euros à l'État.
Alors que l'immobilier connaît un retournement brutal, Nicolas Sarkozy avait promis la semaine dernière à Toulon d'ajouter au projet de loi de Christine Boutin « des mesures fortes pour que les programmes immobiliers en cours puissent être menés à bien ». Traduction concrète dans le plan annoncé hier : l'État rachètera à prix décoté des logements mis en vente en l'état futur d'achèvement et dont les travaux n'ont pas été lancés faute de certitude sur les ventes. Il avait d'abord été question de 10 000 logements. L'Élysée a préféré passer à la vitesse supérieure avec une première salve de 30 000 logements. « C'est une mesure très importante, se réjouit Jean-François Gabilla, président de la Fédération des promoteurs-constructeurs. Trente mille logements, c'est la moitié du stock des logements proposés à la vente et dont les travaux n'ont pas commencé. Si rien n'était fait, il y aurait 70 000 mises en chantier de moins cette année. Ce qui correspondrait à la destruction de 110 000 emplois. » Soit, pour les promoteurs, une bouffée d'oxygène considérable. Cela leur permettra surtout de continuer à produire pendant la crise et d'éviter de creuser davantage le déficit de logements.
Un cercle vertueux
Si l'on estime à 200 000 euros le prix moyen d'un bien et que l'on évalue la décote à 20 %, cela reviendrait à sécuriser pour plus de 5 milliards d'euros de logements… Parmi les pistes de financement évoquées hier, figurait notamment celui de la SNI, filiale immobilière de la Caisse des dépôts. Le plan annoncé par l'Élysée concerne aussi l'immobilier ancien. Le plafond de ressources qui ouvre droit aux prêts d'accession sociale va être nettement relevé. 60 % des ménages deviendront éligibles, contre 20 % actuellement. « C'est une très bonne mesure, se félicite Marc Pietri, PDG du promoteur Constructa, mais il faudra l'accompagner d'un vrai suivi des acquéreurs, aujourd'hui tétanisés par la conjoncture. » Ces prêts bénéficient de la garantie de l'État. Un dispositif peu risqué, car le taux de défaillance des emprunteurs français est faible. Avec cette mesure, le gouvernement parie sur un cercle vertueux : parce qu'il s'agit d'un signe fort en direction des marchés financiers, il devrait avoir un effet sur la capacité de refinancement des banques et remettre de la liquidité dans le système.
Quant à la troisième mesure annoncée hier, elle figurait déjà dans la loi de mobilisation pour le logement, qui sera débattue à partir du 14 octobre devant le Sénat. Il s'agit d'étendre le Pass-Foncier à l'achat d'appartement. Jusqu'à présent, ce système - qui consiste à acquérir d'abord les murs puis le foncier - ne s'appliquait qu'aux maisons. 30 000 logements collectifs pourront en bénéficier en 2009, soit 50 % de plus que prévu. « Grâce à ce développement du prêt d'accession social et du Pass-Foncier, de nombreux ménages vont pouvoir devenir propriétaires », se réjouit René Pallincourt, président de la Fédération nationale de l'immobilier. « C'est une excellente nouvelle, notamment pour les primo-accédants. » Source : Cécile Crouzel -lefigaro |