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L e gouvernement britannique dévoile aujourd'hui un plan de relance budgétaire de 15 milliards de livres environ, dont le principal volet devrait être une baisse de la TVA. Le patronat plaidait pour un allégement des cotisations sociales.
Après la recapitalisation des banques de 37 milliards de livres, après la baisse massive des taux d'intérêt de 1,5 point décidée par la Banque d'Angleterre, le gouvernement britannique doit dévoiler aujourd'hui le troisième volet du grand chantier de colmatage de l'économie : un plan de relance budgétaire qui devrait représenter une enveloppe d'environ 1 % du PIB, soit quelque 15 milliards de livres (17,8 milliards d'euros).
Or, après avoir longtemps cherché quelles seraient les mesures les plus efficaces pour soutenir l'économie, Downing Street aurait finalement opté pour un traitement de choc, au travers d'un abaissement temporaire de la TVA. Selon la presse du week-end, Alistair Darling, le chancelier de l'Echiquier, pourrait ainsi annoncer cet après-midi une réduction de 2,5 points de TVA, ramenant cet impôt à 15 %.
Cette mesure, qui coûterait 12,5 milliards de livres aux finances publiques, est destinée à relancer la consommation chancelante outre-Manche et donc à limiter la récession. Et le Premier ministre, Gordon Brown, ne devrait pas manquer d'appeler ses partenaires européens à adopter des plans similaires, comme il l'avait fait lors du sauvetage avant-gardiste de son système bancaire. Des crédits d'impôt pour les contribuables des premières tranches ou encore un report de l'augmentation de la vignette des véhicules très polluants sont également attendus aujourd'hui lors de la présentation du pré-budget britannique.
Ce plan devrait être salué par les économistes, qui jugent l'impact des baisses d'impôts beaucoup plus immédiat qu'une augmentation des dépenses publiques, un temps envisagée. Pour autant, « la confiance des consommateurs est si basse qu'une baisse des impôts des ménages risque de ne pas stimuler la consommation », prévient John Cridland, directeur général adjoint du CBI (Confederation of British Industry). Et de souligner que le moyen le plus efficace de relancer la consommation est de « soutenir l'emploi », en aidant les entreprises.
Il devra se renier deux fois
Dans sa dernière étude économique, le CBI prédit, en effet, un afflux de 1 million de chômeurs supplémentaires en 2009 outre-Manche, pour atteindre le seuil de 3 millions. De quoi maintenir une chape de défiance sur le moral des familles. Dès lors, le patronat britannique, qui tient aujourd'hui son congrès annuel, plaide pour une baisse de 1,8 point des cotisations sociales, à 11 %, représentant un coût de 9 milliards de livres pour les finances publiques.
Si Alistair Darling lève le voile sur son dispositif final, cet après-midi, lors de son intervention dans la Chambre des communes, le chancelier de l'Echiquier devra se renier deux fois. Il lui faudra d'abord revoir de façon drastique les prévisions de croissance établies en mars dernier. A l'époque, le très optimiste Trésor tablait sur une croissance entre 1,75 % et 2,25 % en 2008, et, surtout, sur un rebond de 2,25 % à 2,75 % en 2009.
La prévision devrait être ramenée à 1 % de croissance environ cette année et autour de 1 % de contraction l'an prochain. Ces perspectives laissent présager, selon les projections du Ernest & Young Item Club, un dérapage du déficit budgétaire à 6 % du PIB en 2009-2010, avant même la prise en compte des cadeaux fiscaux.
Règle de prudence
Du coup, Alistair Darling va devoir renoncer officiellement à la fameuse règle de prudence, établie en 1997 par son prédécesseur Gordon Brown, selon laquelle la dette publique ne peut excéder 40 % du PIB. Quand sur l'année fiscale 2007-2008 ce ratio atteignait 36,3 % (sans comptabiliser les dépenses associées au dossier Northern Rock), il devrait monter à « 39,8 % du PIB en 2008-2009, 44,3 % en 2009-2010 pour tourner aux alentours de 46 % ensuite », souligne George Johns chez Barclays Capital. Des niveaux bien inférieurs à ceux de l'Allemagne ou de la France, ne devrait pas manquer de rappeler Alistair Darling.
Mais, en intégrant la nationalisation de Northern Rock ou les subsides offerts aux banques, la Grande-Bretagne rattrape ses voisins continentaux. Il ne suffit pas de desserrer les vannes dans la crise, Alistair Darling devra expliquer aujourd'hui comment il compte redresser les finances publiques à moyen terme.
ISABELLE CHAPERON |