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Le président de l’UMP dévoie la notion de « moralité publique ».

« Généralement, sous la Ve République, les victimes s’écrasent car l’opinion publique transforme souvent la victime en bourreau », claironne Xavier de Roux, député de Charente-Maritime. Mais Nicolas Sarkozy joue un jeu dangereux. L’attitude du président de l’UMP est à lire à la lumière de cette déclaration au Figaro. Si la ligne de conduite adoptée depuis plusieurs jours par Nicolas Sarkozy oscille entre mutisme et victimisation, mercredi, lors de la convention de son parti consacrée à la Justice, il a adopté une position plus agressive. Le ministre de l’Intérieur assure n’avoir « de procès d’intention à faire à personne », mais cible ceux qui ont « fait litière des accusations portées contre (moi) ». Lors de ce rendez-vous avec sa famille politique, Nicolas Sarkozy a souligné sa « confiance » en la justice, loué le « sérieux et (la) célérité » d’une institution qu’il sait « indépendante de toutes les pressions, y compris dans les dossiers sensibles ». « Ce n’est pas pour moi un problème politique. C’est d’abord une question de moralité publique », ajoutait-il. Avant de conclure : « La vérité doit être connue. Elle le sera. ». Or, selon la déposition du général Philippe Rondot , dont des extraits sont publiés dans le Monde daté d’hier, cette « vérité », Nicolas Sarkozy en a eu connaissance « très tôt, dès l’été 2004 » par le biais d’un journaliste. Un accroc au costume de « principale victime » (selon Marc-Philippe Daubresse , député UMP du Nord) éprise de vérité qu’il veut à tout prix endosser. Pourtant, face à la fragilité de l’argumentaire de Dominique de Villepin, et malgré son manque d’entrain depuis 2004 à rechercher la vérité, alors qu’il avait toute latitude en tant que ministre de l’Intérieur pour le faire, le président de l’UMP boit du petit-lait. Car même si l’image angélique qu’il veut se donner ne tient pas, Nicolas Sarkozy resserre les rangs de ses partisans. Déjà divisés, après le CPE, entre soutien au gouvernement et louvoiement dans le sillage de leur président, voici les députés de la majorité contraints de prendre parti suite aux divers rebondissements de l’affaire qui secoue le sommet de l’État. Mardi soir, pendant que vingt-cinq élus et ministres fidèles au clan chiraquien dînaient en ville en préparant la défense du premier ministre et, à travers lui, celle du président de la République ; Nicolas Sarkozy en a réuni près de 300 au ministère de l’Intérieur. Déçus de l’attitude du premier ministre ou soucieux de préserver leurs fiefs électoraux en 2007, ce qui ne saurait se faire sans l’omnipotent président de l’UMP. Grégory Marin |