Aujourd'hui, 80 % des branches professionnelles sont à jour dans leurs négociations salariales, contre 60 % en 2004. Le gouvernement souhaite les inciter à négocier des accords d'intéressement.
Aujourd'hui, 80 % des branches professionnelles sont à jour dans leurs négociations salariales, contre 60 % en 2004. Le gouvernement souhaite les inciter à négocier des accords d'intéressement. Après s'être "réjoui" hier du bilan d'un an de négociations salariales sur les minima dans les branches professionnelles lors de la réunion de la sous-commission des salaires de la Commission nationale de la négociation collective, Gérard Larcher a enjoint aux branches professionnelles de poursuivre leurs négociations, cette fois sur l'épargne salariale. Dans son intervention, le ministre délégué à l'Emploi a également rappelé que "l'intéressement ne peut se substituer au salaire" et précisé que le texte en cours de préparation sur la participation et l'épargne salariale "demandera aux branches d'ouvrir des négociations sur l'épargne salariale d'ici deux ans pour que les entreprises puissent disposer non seulement d'un cadre sur les grilles salariales et les classifications, mais aussi sur les dispositifs d'épargne salariale". Reste que pour pouvoir conclure des accords d'intéressement, les branches devront au préalable avoir signé des accords de salaires. Ce qui est aujourd'hui chose faite dans 80 % des branches professionnelles. En effet sur les 274 branches comptant plus de 5.000 salariés qui ont été passées à la loupe depuis mars 2005 par les services de la Direction des relations du travail (DRT), 21 branches comptant 600.000 salariés ne sont toujours pas conformes à la loi, mais des négociations y sont actuellement en cours. Quant aux hôtels-cafés-restaurants (quelque 420.000 salariés), ils ont toujours une grille salariale datant de 1997 et libellée en... francs. "La grille des salaires [...] est obsolète", reconnaît d'ailleurs l'Union des métiers de l'industrie et de l'hôtellerie (Umih) dans un communiqué. C'est pourquoi elle "s'engage à ouvrir la nécessaire négociation sur la grille des salaires dans ce secteur". Le bilan précise par ailleurs que seules trois branches (caoutchouc, volaille industrielle et cabinets médicaux) n'ont pas indexé la revalorisation du Smic de juillet dernier. Les syndicats insatisfaits. Pour Gérard Larcher, "l'opération a été fructueuse : d'une part elle a permis à plus de 8,2 millions de salariés sur les 9 millions du secteur dit général de retrouver des grilles salariales de branche actualisées et, d'autre part, elle a recréé, chez certains partenaires, une dynamique de négociation". Mais le ministre a eu beau jeu de rappeler dans son intervention qu'en 2005 "l'indice du salaire mensuel de base pour tous les salariés a progressé de 3 %", et que "30 % de branches de plus qu'en 2004 ont conclu des accords salariaux". Les syndicats estiment que le coup de pouce au pouvoir d'achat - réclamé lors des grèves et manifestations du 10 mars 2005 - n'est pas au rendez-vous. Ils ne manqueront pas de le rappeler à Gérard Larcher avant les deux prochains rendez-vous programmés fin juin avec la réunion traditionnelle de la Commission nationale de la négociation collective, puis à la rentrée pour un point sur la situation des branches après la revalorisation du Smic qui, a rappelé le ministre, suivra cette année les règles antérieures à la loi Fillon de 2003. Isabelle Moreau |