MERIGNAC, Gironde (Reuters) - Entre 300 et 400 salariés de l'usine Sogerma de Mérignac, filiale déficitaire du groupe européen EADS, ont perturbé les accès à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, alors que l'avenir du site devait être évoqué à Paris. Les manifestants, menés par une intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT et FO, ont tenté de pénétrer sur les pistes par les entrepôts de leur usine qui bordent l'aéroport. Ils en ont été empêchés par les forces de l'ordre.
Ils ont ensuite bloqué le rond-point d'accès à l'aérogare avant d'être délogés par la police, puis de sont rendus en cortège devant les entrées et sorties de l'aérogare, où la police a utilisé des grenades lacrymogènes pour les empêcher de pénétrer. Les manifestants, qui réclamaient "des réponses claires à leurs revendications légitimes sur le devenir du site", sont repartis vers leur usine en milieu de matinée. Le 8 mars, Noël Forgeard, co-président du groupe d'aéronautique et de défense franco-allemand, avait qualifié de "catastrophique" la situation de la Sogerma. Soulignant que "les pertes se sont encore creusées", il avait évoqué "des mesures pour revenir à l'équilibre en 2007, avec des ventes d'actifs et de nombreuses suppressions d'emplois". Selon Vincent Loizeau (CFE-CGC), l'un des porte-parole de l'intersyndicale, le P-DG de la Sogerma, Anne-Marie Pérus, a dit jeudi aux syndicats que l'avenir du site serait évoqué vendredi lors d'un "board EADS" à Paris, c'est-à-dire une réunion de tous les dirigeants du groupe. Sogerma Services, filiale de maintenance aéronautique, emploie environ 4.000 salariés dans le monde, dont un millier à Mérignac, où se trouve son siège social. Un plan social s'était traduit par 190 suppressions d'emplois en 2005. Des propositions de mobilité au sein du groupe EADS ont été faites au personnel lors d'un comité d'entreprise au début mai. |