L'AUTEUR du premier but, le capitaine français sa- A voure avec délice ce premier succès dans les éliminatoires.
Cette victoire est-elle un bol d’air ?
Thierry Henry. Oui, car il nous fallait absolument les trois points après ce qui s’était passé en Autriche. Cette semaine, on avait oublié le plus important qui est le terrain. Il y a beaucoup de choses qui étaient injustement racontées sur nous. A un moment, il fallait mettre tout ça de côté et jouer.
Aviez-vous peur de la réaction du public ?
Non. Il y a déjà eu de tels moments dans l’histoire de l’équipe de France depuis qu’elle joue au Stade de France… On savait que les supporteurs n’étaient pas contents. Nous non plus d’ailleurs. Mais ils se sont bien comportés. Il y a eu un peu de mécontentement à la mi-temps. Et c’était normal. Nous aussi on n’était pas très contents de notre première période. Les Serbes ont eu trop d’occasions. Mais je pense qu’on a aussi fait une très bonne seconde période.
Même si vous concédez un nouveau but sur coup de pied arrêté…
C’est vrai et cela nous a valu d’avoir peur jusqu’à la fin. Mais le plus important, c’est qu’on a vu une équipe qui se battait et qui jouait très haut. Mais on ne va pas non plus s’enflammer. Qui peut dire ce qui va se passer en Roumanie ? Mais on verra plus tard. L’essentiel était de recoller aux autres formations du groupe. Cette équipe, même si cela ne reste pas le plus gros match de l’histoire, a fait ce qu’il fallait.
Est-ce un poids en moins ?
On peut parler de tout ce qui s’est raconté cette semaine mais je ne retiens que les trois points… Quant à l’atmosphère un peu pesante de la semaine, il faut se dire que c’est toujours un peu comme ça.Mais, cette fois, il y a pas mal de jeunes qui arrivent dans l’équipe et qui n’étaient pas habitués à ça. Les anciens,Anelka,Gallas oumoi, ont voulu rassembler les troupes pour ce match. Je crois qu’on y est arrivé.
Propos recueillis par Christophe Bérard
Et maintenant…
RAYMOND DOMENECH a donc sauvé sa tête mais il est loin d’être sorti d’affaire. Il va devoir faire face, demain, à la fronde d’une partie du conseil fédéral qui, malgré la victoire, exige son renvoi. Pour ces membres du gouvernement du football français, une petite dizaine ( la même qui ne souhaitait pas son maintien en juillet), il n’est plus l’homme de la situation et les Bleus
ont perdu deux mois et demi avec lui. Mais Jean-Pierre Escalettes et sa garde rapprochée devraient contenir cette révolte, forts de cette victoire contre la Serbie.
Avantage Deschamps
Le vrai problème est ailleurs. Malgré ces trois premiers points, le sélectionneur n’est pas au bout de sa période d’essai. Il reste Roumanie - France, le 11 octobre à Constanta, a priori le rendez-vous le plus difficile des trois premiers matchs des éliminatoires du Mondial 2010. Si la France ramène une deuxième défaite en deux déplacements (un nul ne changerait pas grand-chose), son sort sera scellé, sans doute à l’issue du France - Tunisie le 14 octobre. La Fédération nommera un successeur qui disposera de cinq mois avant le prochain match qualificatif. Un luxe et des conditions idéales pour commencer, même si les Bleus reçoivent l’Uruguay, en amical, le 19 novembre au Stade de France. Les mêmes noms que cette semaine reviendraient à la surface : Alain Boghossian et Didier Deschamps principalement, avec un net avantage pour le second, soutenu par le monde pro, le grand public, et sans doute le plus légitime pour succéder à Domenech.
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